Poésie : A corps perdus

Publié le par Futile

A corps perdus…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La fièvre porcelée par les rêves tremblants

Un mazarin de rire sous les boucles tremblées

Sa chair a la couleur du petit lait tout blanc

Le goût de ses cheveux suis la courbe des blés

 

 

 

Dans le flot barbouillé de rives italiennes

Le costume acéré d’Arlequin triomphant

Un hameçon silvestre traversé des anciennes

Vieilles malédictions mordait comme un enfant

 

 

 

J’étais écru et fier comme un bras vigoureux

Son sourire m’atteint comme une fusée verte

Elle avait de la Lune le charme langoureux

Comme une mandarine à la peau découverte

 

 

 

Elle s’est cloué icelle à la roue du passage

En entrouvrant ses bras qui sentaient le parfum

Sous des voiles chimiques elle glissait le message

Pour donner rendez-vous sous le toit des défunts

 

 

 

Dans un lit passionné aux draps déjà goûtés

Où elle perdait un peu de petit lait caillé

Comme un buffle sauvage je ma mis à brouter

L’herbe noyé des vins qu’elle avait entaillés

 

 

 

Alors que ma folie roulait de tête à tête

Ses yeux bien que brûlants brûlaient comme un glaçon

Mon visage perdu dans une saoule fête

Essayait de comprendre que j’étais un garçon

 

 

 

Car jetant mon sourire sur un miroir douteux

Je ne reconnaissais mon corps que par ses veines

Qui ont toujours battues du sang des rebouteux

Coloriées des couleurs de buissons des Cévennes

 

 

 

Mon corps était tout noir, elle m’avait barbouillé

Des couleurs renversantes des peuples éthiopiens

Car notre jeu commun avait tant tout brouillé

Que pour nous purifier nous n’avions trouvé rien

 

 

 

D’autre que ce costume de noir très élégant

Elle, elle était négresse à la tignasse blonde

Ce doux déguisement nous allait comme un gant

Moi qui n’avait connu que la peau très profonde

 

 

 

Des blondes je riais d’un rire d’ogre frais

Toute noire à mes doigts qu’on aurait percée d’or

Mes dents la travaillait partout à moindre frais

Je cousais des breuvages sur un grand corps qui dort

 

 

 

Outre la négritude qui nous a maquillée

Nous jouions aux Indiens, aux policemen anglais

Sauf que dans notre ouvrage nous avions déquillés

Les désirs d’Union Libre et tout était réglé

 

 

 

Ciel ! Dieux ! Cadavres ! Jéhovas aux mains rouges !

En parcourant le fil des témoins innocents

Nous inventions des cris idiots comme des courges

C’était bien amusant au lieu du « Ah ! » courant

 

 

 

Bannis de notre chambre stridulaient au passage

Colombes et abeilles, scarabées, angelots

Pour témoigner leur peine ils avaient le courage

De crier haut et fort l’absence de grelots

 

 

 

Dans notre grand lit rose où nous étions au chaud

Nos esprits déliraient au point que des oiseaux

Torsadaient des rosiers construits de Gauchos

Qui priaient allemand en concluant « Also ! »

 

 

 

Larmier fauve éborgné par une plante rare

Et l’œil de dieu d’ailleurs était économique

A la télévision qui donnait sur le tard

Des sourires et des larmes ultrazantinomiques

 

 

 

« Nicolas Sarkozy » nous étions au baiser

« S’est rasé ce matin » nous en étions à rire

« Il s’est tranché le cou » nos corps étaient aisés

A entrecaresser les cordes de la lyre.
 
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Publié dans POESIE

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