Poésie : Le jeune soldat

Publié le par Futile

Le jeune soldat

 

 

 

 

Le corps capitonné des oies en branle bas

Le soldat nu soupire devant leur vol tremblant

Il épaule sans bruit et son fusil abat

Une oie qui soudain tombe en étoile de sang

 

 

Par la fenêtre ouverte le soldat ricanant

Baisse son arme et dans sa bouche doucement

Plante une cigarette Allume ses 20 ans

D’une flamme terrible mais que son œil dément

 

 

La chambre où il respire est enclose de bois

Sa tête blonde et brune se surprend à sourire

Le ciel seul infini découvre tous les toits

Funambule il pourrait étrangler son soupir

 

 

Il se sent traverser par le vent de la plaine

Qui selon la couleur des jours de la semaine

Passe plus ou moins bas dans sa ruée soudaine

Au dessus au travers de la ville pérenne

 

 

Il souffle doucement la fumée de tabac

Sa main tremble déjà du départ à venir

Il se rappelle aussi de plus charmant ébats

Que les nuits meurtrières où il faudra tenir

 

 

Si la ville blanchie désormais ne respire

Qu’au rythme des soldats qui partiront bientôt

Le jeune homme a le cœur qui franchement expire

Comme l’oie arrachée à son tracé si beau.

 

 

Demain il s’en ira et ne reviendra pas.

extrait d' "Un loup noir absolu dans nos pauvres maisons"

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Publié dans POESIE

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