Poésie : La prière amoureuse

Publié le par Pivot

   La prière amoureuse

 

 

 

Les étincelles blanches

Au vif de ces flambeaux

Au scalpel de l’ennui

Je t’aime

 

A la flammèche ouverte

Qui murmure : Voici,

Voici le temps de l’aube et le temps du soupir

A l’épiderme rouge de te l’avoir donnée

Je t’aime

 

Au vol des carmélites aux chapelets toujours

Les mêmes faits  toujours Des mêmes

Prières pour les pauvres et le même Seigneur

 

Au prêtre qui dit : Non !

Je ne donnerais pas

La communion à celui qui a dit : Dieu est mort ;

Et qui gît là râlant

 

A la peur prise au ventre de l’enfant du pays

Que l’on envoie toujours aux portes de l’oubli

A la guerre qui sait bien exporter le foyer

A la Tchétchénie, la Flandres de 14

Aux enfants qui firent tous dans leurs frocs un jour d’orage

Je t’aime

 

A l’orpailleur naissant du jour qui se dit Aube

A la pépite d’orge dans les mains du prélat

Au bourreau de ce cœur qu’on a trop torturé

Aux poèmes de Baudelaire que je n’aime pas

Je te susurre que l’amour ne s’apprend pas

 

A la fièvre furieuse de ne savoir pourquoi

Au cri rauque d’effroi

Et à la vierge ouverte,

Au sabot des soldats :

Je t’aime

 

Je t’aime comme un empire

Qui referme sa voix

Et je voudrais saisir

Le long doux de ta main

 

A la crise de plume qui recouvre le soir

D’un sang qui paraît blanc

Mais qui est bien plus fort

Acre à boire

 

Au poète des soirs qui oublient le combat

A mon corps déchiré entre

Le toi

Je t’aime

 

Aux lueurs familière du chemin qui échoit

A l’adieu judiciaire après le nuit d’effroi

Au closes du contrat qui stipulent la foi

À l’ébahissement de la corne apatride

Déversée chaque jour au creux de chaque drap

Je souffle (encore) que je t’aime

 

À l’envie de gueuler pour avoir l’air moins con

 

Aux cris du sacrifice

Aux Evangiles morts

Aux textes inutiles

 

Je t’aime

Je t’aime d’une main qui ne faiblira pas

D’un cri d’angoisse dans le vide

Je t’aime comme on ne me croit pas.

 

extrait de "Boucles d'Or"

Publicité

Publié dans POESIE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article