Poésie : Lyon

Publié le par Pivot

Lyon

 

 

 

 

Malgré l’aube caressée nue

Par quelques doigts crochés de fées

Je puis jurer qu’autrefois fut

Dans ma souvenance enterrée

 

 

Un quelconque portail de fuite

Que traversaient les animaux

Et qui aidé avait ensuite

Les bagnards à sauver leur peau

 

 

Malgré la description subite

Que j’avais faite du drapeau

Mes doigts de confiture cuite

Ne m’avaient pas causé de maux

 

 

La chaleur sensée et sensuelle

M’avait désormais associée

A ces chapiteaux de ruelle

Où l’on savait coudre l’acier

 

 

J’y retrouvais des bagnards nus

Au torse lapidé de force

Heureusement pour ma vertu

Des femmes aussi là sans écorces

 

 

Faisaient tourner le pain des mines

Et distribuaient aux habitants

Avec maintes façons mutines

Ces blocs de pain tout haletants

 

 

Je brillais à l’heure étonnée

Des lits de camps alambiqués

Sur mon corps étaient installés

J’avais les yeux de ma Beauté

 

 

Une forte colonie slave

De ce pays que je tairai

Avecque des femmes de lave

Avait affolé mon métier

 

 

Je peignai dès lors chaque cil

Qui était fortement teintés

De l’admiration imbécile

Que j’y croyais voir dessinée

 

 

J’étais amoureux, moi, enfin

J’aurai couru jusqu’à Venise

Je pouvais croire au lendemain

La flamme cette foi assise

 

 

Dans la chaleur des hauts fourneaux

Mes yeux n’avaient plus qu’une mise

Aux aspirations de la peau

Je répondais de mes surprises

 

 

Ignorant jusqu’à l’entrepôt

Où je devais entreposer

La joie et l’amour du troupeau

Je m’envolais de ces baisers

 

 

Qu’elle avait le temps de donner

L’air et la valse tendrement

Apposés ou abandonnés

Je résonnais étrangement

 

 

Qu’aurais-je pourtant pu trahir ?

La faiblesse de mes crachats

Ou la force de mon empire ?

– Le portail que l’on m’arracha.

 

extrait de "Un loup noir absolu dans nos pauvres maisons"

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Publié dans POESIE

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