Rimbaud a cessé d'écrire
Il faut le courage de Rimbaud pour arrêter d’écrire. Le courage ou la plénitude. Le voyant n’avait pas le repos de l’âme. Le stylo jeté est la plus forte de ses brûlures, le livre de ses comptes de trafiquant, colonnes de chiffres, le plus grand de ses textes, en quelque sorte.
Statue chryséléphantine, comme Krýst enfantine. Liturgie lexicale à bannir pour sa beauté. Survivance des Francs Cro-Magnon, près le passage à l’Euro ludique du progrès !
Abandonner la poésie pour la vraie vie.
Depuis le temps que je le dis.
Courir et vivre.
On ne peut appeler nul peuple à son secours : les réels peuples n’existent pas. Quand aux autres, ce sont tes ennemis, même quand tu les caresses.
Je me méfie de ceux qui proposent des ares à si bas prix que la balle dans le fusil ne fait qu’effleurer le corps tremblant qu’on voudrait déjà mort. Seule la lutte armée – même contre soi-même – peut sauver ce poète maudit de la douleur formelle. Les références sont bien niaiseuses, comme des céleris et des betteraves dans une coupe de Mouton-Rotschild. Je suis boucher vendant ma propre chair. Je suis pyromancien enflammant ma voyance, toutes ces sortes de salades… Je n’ai plus les boules de cristal, je brise la nuque des femmes et je regarde dans leurs yeux, etc… J’ai peur.
J’ai brûlé, voilà, les relents de la philosophie dans des vases devenus familiers. C’est la plus grande vipère. Ses pattes d’argent, prétendument douces ; elle égorge le cou des pauvres fous tremblants. L’image d’une plage nue m’obsédait sans cesse. Et j’avais aussi peur de les beauté des enfants qui m’affolent. J’aurais épousé une fleur de tissu.. reflets morts dans le fond des tiroirs. Les étoiles avaient bu trop de sexe éclatants. J’écrivais que la faute d’orthographe devait être préservée, elle était l’œuvre de l’origine. Mes artères explosant ont déposé aux murs de poussières des tripes, des boyaux et des flaques de sang. Tout cela probe, au moins le semblait.
J’ai causé la mort d’innocent en dévoilant mes poèmes. Mes ongles n’étaient plus que du sang.
L’explosion n’est pas transcriptible.
Comment écrire au passé le souffle présent et la fin à venir.
J’ai causé la mort du coq en l’égorgeant de mes mains sales. De mes mains. Arrêter de recopier ces conneries même que je lis au fur et à mesure que je tape sur cet ordinateur ces fadaises immondes. A coups de brique, je l’ai achevé. (« J’ai écrit autrefois des poèmes d’amour ») J’avais froid des corps endormis. La chair vociférante…
J’ai tué le coq d’un coup rude, mon poing a même troué le mur. J’ai échappé aux prisons rebelles (et en quel honneur y aurais-je été ?! Ma schizophrénie m’exaspère !) J’ai bu à mes mains nues. J’avais désormais des lèvres d’assassin.
Outillage rudimentaire.
J’ai tué le coq même pas pour le manger.
Au fond des jardins, je me pend à la corde de la balançoire.