Poésie : Le même exil
Le même exil
L’ombre s’est épousée elle-même
Les sexes ont poussés à la place des bras
Avec mes pauvres larmes qui gémissaient déjà
Rayure sur l’impide.
Le froment s’est levé ;
Les blés ont hurlé leur soutien à mes lèvres
Je les ai frotté, malheureux, contre mon visage
J’ai cru un instant pouvoir oublier
Mais l’été est brutal.
Hiver, été, tourmente
Peu importe
Le vent est même.
J’ai frotté le blé sur mes lèvres :
Elles saignaient encore
Sur mon torse :
Il a continué à ruisseler
Mon dos qui promettait :
Tous les poignards s’y sont venus planté.
Langue d’ivoire, je refuse de devenir un musé
Brûle Rimbaud, Lautréamont, Modigliani, Schiele
Brûle l’aimant
Brûle.
L’offense est déjà blessée.
Quelle indulgence peut venir de la peur ?
De la tristesse qui fuit jusqu’aux plus mauvais recoins
Les lèvres triturées n’apportent pas la paix
Toutes ces filles comme autant de boisson
Bues puis oubliées.
Seules quelques icônes
De vent doré.
J’ai le cœur d’un partant pour la laide Amérique.