Des "Nouveaux Modérés" en politique, ou comment ouvrir la porte à de nouveaux fascismes
Bienvenue dans l'ère du "consensualisme", où toute idée, fut-elle politique, se doit d'être publicitairement baignée de modération, de mesure, bien loin de toute radicalité. Je parle bien sûr du marché occidental. Ainsi, Misters Médias publicitant le domaine politique, celui-ci aussi a pu bénéfécier des dernières inovations en la matière. Toute ligne politique (mis à part pour les extrèmes gauche ou droite qui se situe justement contre tout le reste du paysage) est aujoudr'hui obsédée par l'idée de paraître modérée. Ce qui s'emploie ("gauche modérée" ou "gauche réaliste") pour cacher la lachêté et l'aveuglement (des socio-démocrates) est déjà risible. Là où le bat blesse plus encore, c'est quand une droite très à droite se veut elle aussi faire passer pour la modérée qui ne prend que les décisions, parfois douloureuses, que toute tendance censée prendrait après refléxion. Prenons l'exemple de Kadima : combien de fois nous a-t-on assené, dans nos braves médias français, qu'Ariel Sharon cessait d'être le général massacreur de palestinien pour devenir l'homme d'Etat responsable... et modérée. Sa politique à la tête de l'état d'Israël, comme la politique d'Ehoud Olmert qui lui a succédé aux postes de commendements de Kadima (parti créé par Sharon) n'a jamais cessé d'être une politique de droite incisive. Kadima est catalogué par les nomenclatures occidentales comme un part centriste, avec d'anciens membres de la droite et d'anciens travaillistes. Soit. Kadima est un parti qui au pouvoir a peut-être détruit des colonies à Gaza (Gaza d'intêret économique nul) mais dans le même temps poursuivait la colonisation en Cisjordanie, avec le mur qui annexe des territoires palestiniens, de nouveaux villages de colons aussi extrèmistes que le Hamas d'en face... Kadima qui aujoudr'hui fait la guerre en Palestine et au Liban, au mépris du droit et des infrastructures dévastées, des civils tués...
On se retrouve donc en Occident face à un paysage politique élisible qui se revedique entièrement de la modération, qu'il soit d'une gauche qui a abdiqué les valeurs véritables de la gauche ou d'une droite bien sévère, dans la lignée des néo-conservateurs ou des ultralibéraux américains. Quand ce qui se dit de gauche est d'un rôse si pâle qu'il accompagne le bleu libéral à merveille et quand on banalise la violence d'Etat par l'adjectif "modéré" tout au long des journaux télévisés, qu'on ne s'étonne pas de la crise de la démocratie et du droit de vote. Tout cela ne peut que conduire, encore une foi, à décrédibiliser le système démocratique qui tourne déjà à vide. Vous me direz qu'il ne veut plus rien dire depuis déjà une bonne vingtaine d'années. Mais depuis ces 20 ans, l'extrêm droite et la droite extrême, pas si éloignées, progressent toujours plus. G. Bush en Amérique, l'équivalent en Australie, en Grande Bretagne (mais il est paraît-il social-démocrate), et sur le continent européen, les Le Pen au second tour, le Flams Block premier parti de Flandres, l'extrême droite au pouvoir en Pologne, les socialistes slovaques alliés à leur extrème-droite rasciste... Tout cela, issu des urnes. A force de brouiller les repères politiques en racontant n'importe, le Parti Populaire Européen (droite) et le Parti Socialiste Européen font plus qu'ouvrir la porte à un nouvel Hitler chancellier, ils agrandissent les brèches à grands coups d'épaules, avec l'aide de leurs alliés de la presse consensuelle.
A dans quinze ans à la potence pour délit d'opinion, cher lecteur de blog d'opposition.