Brel est mort
5 ans de poussière et de flammes
et 53% d'égoïstes,
BLOG ANTISARKOZISTE
De Gaulle avait raison :
"les français sont des veaux"
dont le portefeuille passe avant le coeur
ICI ON AIME LES 47% QUI RESTENT !

Brel est mort... Quand un certain chantait '77, putain d'année aux îles Marquises', nous ne pouvions que l'approuver. Et pourtant ! Brel est mort, mais la vie continue... Ce blog vous propose donc, gentes dames et gentils damoiseaux, de profiter de littérature, de peintures, de photo ou de coups de gueule, de ce qui rend notre vie supportable, sommes toutes. Et si tout ça semble très partisan, la réponse serra, comme le disait un sinistre crétin, "si tu ne participes pas à la lutte, tu participes à la défaite". Brel est mort, oui, mais "Brel est mort" n'est pas mort...
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Je n'aime guère les mémoriaux juifs. Cette invention du goy qui veut à tout prix se racheter de la faute qu’il n’a pas commise est proprement exaspérante. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir, en bon petit occidental pétri de culture dominante – voire bien pensante, essayé. Oui, à dix, douze ou quatorze ans, j’ai fait parti de ces bus entiers d’européens qui s’en vont, toute misère juive sur le dos, arpenter les lieux par ailleurs forts bien construits et si riches en symboles frappants. Seulement il y a là quelque chose de tellement artificiel qu’avec le recul, je ne puis que m’empêcher de grincer des dents.
Il y a plusieurs aspects intéressants à remarquer. Le premier, c’est cette incorporation du mémorial au parcours touristique politiquement correct. On a son quart d’heure culture, on a son quart d’heure mémoire. Sans commentaire.
La deuxième chose frappante, c’est cette capacité qu’on certains de nos compatriotes (par compatriotes j’entend occidentaux) à prendre sur eux toute la misère juive du monde. Le massacre nazi est effectivement effarant et même angoissant, pour peu qu’on prenne le temps d’y réfléchir un peu. Mais de là, en n’ayant jamais participé ni activement ni même passivement à ce massacre, en n’ayant même jamais pu participé, puisque étant né après guerre, qu’on puisse jouer à se culpabiliser (jouer parce que cette culpabilité est totalement artificielle) me dépasse.
De deux chose l’une, ou bien on veut jouer au petit Christ personnalisé en portant toute la misère du monde sur ses épaules, et c’est assez malsain vu ce qui est arrivé au premier. En ajoutant que si cet homme-là était remarquable par son progressisme sociétal, il n’est pas vraiment sûr que cette absorption de la culpabilité universelle soit, d’un point de vue purement psychologique, très stabilisant pour le porteur et (j’insiste sur le et) pour son entourage.
Où l’on arrive à la deuxième solution, qui consiste à ne vouloir ressentir au plus profond de soi que la misère juive. Et c’est là doublement grave, puisque l’on cherche à porter une culpabilité que l’on a aucune raison de ressentir et qu’en focalisant sur la question juive uniquement (après tout, quoi donc sur le génocide tchétchène ou sur les massacres de populations noires par les populations venues du nord ?), on est très profondément le jouet de la politique israélienne. J’entend déjà les critiques, je les connaît, on me les hurle, on me les gifle, on va même jusqu’à me traiter de révisionniste. Grand bien en fasse à ceux qui ont besoin de me l’hurler au visage. Ca ne me pourrit pas la vie, mais ça finit par m’agacer.
L’histoire du peuple juif est l’histoire d’un peuple massacré et c’est tragique dans tous les cas où des individus ont été et sont encore massacrés pour le simple fait d’être juif. Je n’entrerais pas dans les débats sur le fondement de la religion juive parce qu’appartenir au peuple juif ne signifie pas être de religion juive et parce que même si un homme a une croyance religieuse ou politique qui me laisse circonspect, je ne jugerait jamais que cela donne le droit de l’éliminer. Même s’il est vrai que la vision d’être le peuple élu sans que les autres n’ai la moindre chance de rédemption est un caractère assez primitif, et en ce sens, Jésus, en ouvrant le judaïsme à tous les peuples, fait encore une fois preuve de son progressisme, même si, entre temps, les hiérarchies et formalismes séculaires chrétiens ont largement figé ce progressisme en conservatisme social.
Mais à ce que je sache, il y a une pression israélienne pour constamment remettre en lice l’argument d’Auschwitz pour faire passer tous ses adversaires pour des nouveaux nazis, même si le message n’est qu’en filigrane et que le mot n’est que rarement prononcé. Le palestinien qui dit que tous juif doit être massacré parce que est effectivement un abruti barbare du même type que ces grands blonds musclés des légions SS, même si le palestinien a quand même l’image de son peuple dans la grande souffrance.
Tout cela se produit alors que le souvenir d’Auschwitz doit pourtant être préservé. En transformant un fait historique alarmant et qu’on gagnerait tous à garder en tête en un objet de mémoire où l’affectif joue un rôle déterminant, on entoure la question juive d’un halo flou dont les couleurs tirent vers le tabou. Il y a l’histoire des pogroms, de la tentative d’éradication des juifs par les nazis, il y a toutes ces monstrueuses réalités historiques. Il faut en tirer la conclusion que les hommes sont capables de ces horreurs et qu’il faut donc tout faire pour éviter que ça recommence, et effectivement surveiller tout particulièrement l’antisémitisme (alors que les gouvernements israéliens font actuellement beaucoup pour l’encourager). Il ne faut pas en conclure que le peuple juif ayant toujours été massacré il est systématiquement à plaindre. D’abord la notion de peuple n’existe pas toujours : entre les israéliens et les juifs restés vivre dans la diaspora, entre ceux qui sont favorable à l’annexion de toute la terre promise, ceux qui la voudraient modérée, ceux qui sont antisionistes (oui, antisioniste n’est pas le synonyme d’antisémite), ceux qui sont croyants et ceux qui ne le sont pas, il y a quinze mille cas différends.
Quand on parle de la seconde guerre mondiale, il y a quatre types de commémoration possibles :
- La première est celle des mémoriaux juifs et je n’en voit l’intérêt que pour les proches des victimes, ayant le même rôle que les cimetières. Personnellement je déteste la fonction des cimetières, je trouve cela beaucoup trop dépressif mais chacun peut penser ce qu’il veut à ce propos. Pour les étrangers aux victimes (je sais, gna gna « aucun homme n’est l’étranger d’aucun homme », dans l’absolu très bien ce serait magnifique, dans la réalité la faculté humaine d’imagination ne va pas aussi loin), donc, pour les étrangers, pas vraiment d’intérêt.
- C’est pourquoi le deuxième type de commémoration est si important. C’est celui des lieux historiques : ôter l’affectif pour purifier l’histoire. Visiter un camps d’extermination, un musée historique sur la question font partie de importantes leçons d’histoire. Et cela n’empêche d’être bouleversé par ce que l’homme est capable de faire, de se sentir mal devant l'horreur, sans pour autant sentir peser sur soi une culpabilité malsaine qui n’a rien à faire là.
- Le seul lieu de commémoration affective qui doive exister est celui aux héros. C’est là une fabrication historique nécessaire. Héros de la résistance ou héros qui œuvrèrent à sauver des vies juives condamnées, héros juifs ou goys, peu importe, c’est la capacité humaine à savoir résister à ce qui est odieux qui doit être exalté. Il n’y a pas de culte à rendre à celui qui a été massacré de manière infâme, même s’il y a à mille fois compatir, celui qu’il y a à honorer, c’est celui qui a su se lever quand les autres baissaient la tête, quelles que soient leurs raisons. La résistance, qu’elle viennent du ghetto de Varsovie ou du Vercors, est aussi grande.
- Enfin, le dernier type de commémoration est aussi le plus fugace, celui qu’on pourrait juger futile, et pourtant il est pour moi le plus riche en signification. C’est une histoire sans intérêt pour quelque autre que moi qui m’est arrivée au mémorial juif de Berlin. J’y ai croisé, une dizaine de seconde, une ashkénaze belle comme un soleil. Et je me suis dit, si les nazis avaient massacrés tous les juifs, jamais je n’aurait eu là le souffle coupé, là, maintenat, devant une aussi belle vision. Le meilleur mémorial juif que l’on puisse trouver est dans juif que l’on admire, que l’on aime ou que l’on apprécie. Et c’est finalement un mémorial à l’homme.
Les auteurs de ce blog jugent que l'art et les idées ne sont décemment pas monnayable. C'est pourquoi vous êtes cordialement invités à vous goinfrer de tout ce qui vous plait sur ce site, à tout enregistrer sur votre disque dur et à tout faire circuler. L'égo des auteurs vous supliera juste de mettre les refèrences (l'adresse du blog suffira, chers amis). En revanche, mieux vaut vous prévenir que si on en retrouve un qui prétend (même implicitement) être l'auteur de nos oeuvres ou articles, on lui casse la gueule ! Mais alors, méchament...
ils en ont dit...